Huaraz 2


Le Pérou a la réputation d'être le paradis des grimpeurs et ce n'est pas nous qui vous dirons le contraire. La ville d'Huaraz est située au cœur de la Cordillère Blanche, où se situe le parc national d'Huascaran. Il s'agit de la plus haute chaîne de montagne après l'Himalaya; on trouve ici la plus haute montagne du Pérou (6768m) et la photogénique montagne utilisée comme logo par Paramount.

Bref, vous l'aurez compris, on remet les chaussures de rando !

Huaraz

Avant toute chose, il faut se ré-acclimater à l'altitude après avoir passé une semaine au bord de mer. La ville est située à 3000 m et il paraît que l'on « perd » son acclimatation après une semaine au niveau 0. Heureusement pour nous, le temps passé en altitude a joué en notre faveur et nous n'avons pas été long à retrouver notre souffle.

Nous avons quand même mis à profit nos premiers jours en ville pour visiter les environs et rechercher nos activités à venir.

Le centre d'Huaraz

Bien que la ville compte plus de 100 000 habitants, le centre n'est pas très étendu. L'ambiance nous a par contre beaucoup plu. Vivante , on sent aussi un côté rural malgré sa taille.

Nous avons apprécié traîner autour du grand marché couvert dans les rues où la circulation et le bruit des klaxons ne cessent jamais ; là où se mélangent les vendeurs ambulants, petits producteurs venus vendre leurs récoltes / cuisine du jour, les femmes aux tissus colorés portant leurs courses (ou leurs enfants) sur le dos et les marchands de glaces partout...

Ce mélange de ville en mouvement et tradition est particulièrement marquant avec le tourbillon coloré de femmes aux tenues traditionnelles. On les trouve magnifiques avec leurs grands chapeaux, jupons et chemises colorés. Sans parler de leurs longues tresses qui tombent sur leurs sacs en tissu. On espère vous en montrer de beaux portraits plus tard.

A Huaraz, on a (encore) testé la cuisine péruvienne. Comme vous le verrez ensuite, nous avons passé quelques temps à marcher, et c'est donc avec plaisir que l'on s'est rattrapé ensuite. Pour cela, il existe la « Feria de la comida » (littéralement « rue de la nourriture ») tous les dimanches midi. La plus vielle rue de la ville, sort les tables à l'extérieur et propose alors un choix de nourriture traditionnelle : 

Picante de cuy (portion de cochon d'Inde), Pachamanca (trilogie de viande cuite dans la terre), Lomo saltado... Sans parler des desserts à base de courge et de la chicha de jora pour faire descendre tout ça!

Le choix de l'agence

Les activités ne manquent pas dans la région mais le nombre d'agences en ville soulève quand même un problème de taille : nous sommes obligés d'en « faire le tour » vu que nous ne sommes pas encore autonome concernant le matériel de camping... 

On sait aussi les difficultés que cela entraîne en plus de la comparaison du prix : questions sur la qualité des services, le temps passé sur place.... Et cela peut mettre en évidence beaucoup de dérives... Pas facile non plus de s'y retrouver quand toutes les agences travaillent ensemble, proposant des prestations similaires (pour effectivement pas très cher) ou bien se distinguent clairement de par leurs prestations mais avec un prix totalement hors budget. Ce choix, on l'a déjà fait à San Pedro d'Atacama, mais on ne peut pas vendre un rein à chaque pays.

La deuxième difficulté c'est le choix de l'activité. Ici on parle uniquement du fameux « trek de Santa Cruz » : 4 jours de marche dans le parc Huascaran. C'est « the »  trek à faire ici. Mais il faut pour cela trouver chaussure à son pied avec toutes les agences. 

Du coup, quand on nous a proposé de partir randonner 3 jours dans une autre zone, tout aussi belle soit dit en passant, on ne se l'est pas fait dire deux fois! Oui il n'y a pas qu'un seul trek quand même et nous avons opté pour une marche de trois jours dans le parc Huascaran, tous les deux avec un accompagnateur. Il s'agit du trek de Pucaranra...

En attendant, histoire de se faire les jambes, nous nous promenons autour de la ville avec des randonnées d'une journée à la lagune de Wilcacocha et la fameuse lagune 69 à l'eau couleur émeraude.

 

Le trek de Pucaranra

Nous voila donc embarqués pour 3 jours dans la Cordillère Blanche avec Chicho pour nous guider.

Jour 1 : « T'inquiète pas Elise, ça monte tranquille »

Après nous être acclimatés, nous embarquons nos sacs à dos pour partir marcher 3 jours dans la Cordillère Blanche avec Chicho notre accompagnateur péruvien.

Alors définitivement, Chicho et moi n'avons pas la même notion de « monter tranquillement ». Il faut dire, pour sa décharge, qu'effectivement le dénivelé n'est pas énorme les 3 premières heures, mais comme nous devons porter toutes nos affaires sur notre dos (pas de mulets sur cette randonnée), le poids ajoute une sacrée difficulté. Par contre, les 2 dernières heures, là tout le monde est d'accord que ça monte sévère. De temps en temps, un troupeau de vache vient s'affoler à nos côtés pour me faire accélérer... Mais rien n'y fait, l'absence de chemin, les cailloux et l'altitude compliquent les choses... Au moins, les paysages compensent bien la difficulté puisque nous sommes tout prêts des montagnes.

 

Le soir, nous établissons notre « camp » sur une terrasse à flanc de montagne. Là nous nous rendons mieux compte du chemin parcouru. Nous sommes maintenant à 4700 m et pouvons taquiner les monts enneigés.

A cette altitude, il fait froid, très froid la nuit et de nombreuses vaches (mais qu'est ce qu'elles peuvent bien faire à cette hauteur ?) s'amusent à nous faire passer une courte nuit...J'ai d'ailleurs l'impression qu'un puma essaie de dévorer la tente !

 

Jour 2 :

Maintenant que je comprend « l'échelle Chicho », je sais que quand il dit « ça va monter », ça monte beaucoup! Et c'est ce qui nous attend dès la mise en route du 2ème jour. Une ascension jusqu'au col Huapi à 5 050m, dans les cailloux. Cette fois, même Nicolas souffle, c'est plutôt rassurant. La montée pas très intéressante mais arrivée en haut, c'est là que nous profitons du magnifique point de vue sur l'autre vallée parallèle à la première.

 

Et là : « whahou !! ». Déjà, on prend la mesure de la hauteur parcourue et surtout on observe ! Des montagnes aux sommets enneigés et aux flancs colorés ocres qui offrent un dégradé de couleurs... Beaucoup plus sauvage, cette partie est la plus surprenante et nous découvrons des lagunes et de nombreux glaciers (allant du bleu turquoise à l'ocre des montagnes) qui dévalent la vallée.

 

 

La descente est par contre assez chaotique dans les pierres et surtout sans fin. Nous dévalons plus de 1 000 m jusqu'au campement du soir (aie les genoux) mais quelle vue.

 

 

Autant vous dire qu'entre la fatigue, l'effort et la nuit tronquée de la vielle... Je m'endors à 19h et sans difficulté !

 

Jour 3 :

Dernier jour de notre randonnée. Cette fois nous marchons tranquillement (pour de vrai) dans la vallée, au milieu des animaux : vaches, moutons, chevaux, anes vaquent tranquillement à leurs occupations alors que les habitants du village le plus proche (plus de 2h de marche quand même) rassemblent les troupeaux.

 

Quatre heures de marche plus tard, nous arrivons à la voiture qui nous ramène en ville.

 

En conclusion, nous ne regrettons absolument pas notre choix de trek. Notre accompagnateur était absolument adorable et nous avons beaucoup appris sur la culture péruvienne grâce à lui. Autre point positif : mis a part les vaches, nous n'avons croisé personne les deux premiers jours et juste 5 ou 6 personnes entamant le trek dans l'autre sens le dernier jour. Les paysages sont très naturels, les montagnes très proches et les campements très propres. Nous étions d'ailleurs seuls à chaque campements (sauf les vaches insomniaques!).

Finalement, même si nous n'avons marché sur le trek de « Santa Cruz », nous sommes tombés sous le charme de la Cordillère Blanche.

Nous aurions d'ailleurs pu rester plus longtemps pour explorer la région tellement les environs regorgent d'activités mais nous avons d'autre projets pour la suite !

Comme d'habitude, toutes nos photos sont à voir ICI


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2 thoughts on “Huaraz

  • valembois

    époustouflant, moi qui pensais que le plus beau sommet était le mont blanc , vos photos prouvent le contraire.
    Elise, tu n’aimes pas les vaches!!

    • Elise

      Non je n’aime pas ni les souris, ni les vaches qui me reveillent en pleine nuit 😉
      On va prevoir d’aller au Mont Blanc au retour, comme ca on pourra comparer!