La Loop de Thakhek


Lors de notre passage aux 4 000 îles, nous avons pu rencontrer de nombreux voyageurs qui nous ont beaucoup conseillé et les avis sont unanimes: il faut passer plus de temps dans le Nord du pays pour retrouver son côté sauvage et la campagne. Il faut dire que pour le moment les villes  ne nous ont pas vraiment transcendées. Que ce soit à Pakse, puis par la suite à Thakhek, il s'agit souvent de villes traversées par des grands axes, souvent des 2x2 voies, sans grand charme à notre goût. Pour toutes ces raisons et pour pouvoir retrouver nos amis à Noël à Luang Prabang, nous avons décidé de ne pas nous arrêter d'avantage dans la région de Pakse et le plateau des Bolovens (réputation mitigée suite à l'affluence de touriste sur les routes) pour nous consacrer à la région de Thakhek. Non pas pour la ville, capitale de la province de Khammouane, mais la région est connue pour la "loop" en moto que l'on peut faire en 3 ou 4 jours dans les environs. Après notre périple à Ha Giang au Vietnam, on est plutôt motivé pour remettre ça.

Thakhek

Cette étape aura surtout été l'occasion de se remettre de notre trajet de bus depuis Pakse. S'il y a une chose que nous ne mesurions absolument pas avant notre départ, c'est bien les mésaventures des transports : le temps passé, le mauvais état des routes, la fatigue. Bref, en arrivant en ville en pleine nuit, on ne se voyait pas enfourcher directement notre scooter pour partir dans la foulée. Du coup on a fait les choses bien en prenant le temps de choisir notre fidèle destrier, étudier la route et les étapes. Pour cela, notre hôtel (Travel lodge hostel) mettait à disposition un livre d'or ou toutes les personnes qui ont fait la boucle ont pu noter leurs témoignages et conseils avant de partir. Au programme, exploration des karsts de Khammouane, rivière, grottes, forêts denses, petits villages. On a hâte!

Voici un petit aperçu de notre itinéraire, soit 534 km. N'hésitez pas à zoomer sur les étapes!

Jour 1 : Des grottes et du froid

Pour notre premier jour, il a fallu faire 119km pour relier le village de Thalang.

Dès les premiers km en dehors de la ville, on peut longer et apprécier les massifs kharstiques. Les panoramas sont dominés par des collines et des blocs calcaires qui donnent naissance à une multitude de grottes et rivières souterraines. Nous nous sommes tout d'abord arrêtés à Xiang Liap cave. Accessible à pieds après une petite marche dans la jungle, il est possible de la traverser à la nage. Courageux mais pas téméraires (c'est quand même sombre, faut pas pousser), nous avons simplement fait le tour par l'extérieur pour voir le gouffre de l'entrée. Un serpent nous aura vite fait déguerpir mais cette visite vaut le coup pour son côté sauvage. La lumière qui filtre par les rochers vient simplement éclairer l'eau limpide de la grotte donnant un côté mystique à l'endroit. Nous nous sommes ensuite arrêtés à la petite grotte de Thampha Inh et il faut cette fois grimper dans une colline pour accéder à l'entrée et enfin se retrouver  face à des sculptures et des autels d'offrandes cachés dans les rochers. Il faut par contre redescendre dans les cailloux pour se retrouver au niveau de l'eau et voir les sillons creusés dans la roches. Un très bon moment.

Jusqu'à Thalang, la route continue de longer ces montagnes si caractéristiques mais, au fur et à mesure apparaissent quelques arbres morts, se dressant, hauts et blancs dans des points d'eau. Cela peut paraitre étrange dit comme cela mais la région abrite un barrage hydro-électrique, qui a ensevelit une partie de la vallée, ses forêts et ses habitations, créant ainsi un paysage lunaire mais époustouflant. Et ce n'est qu'un aperçu, le meilleur viendra le lendemain.

La journée se termine après quelques kilomètres de route montagneuse ou nous longeons le lac artificiel. Nous arrivons frigorifiés à notre première guesthouse ou le gérant nous accueille d'ailleurs par un tonitruant "putain ça caille". Et c'est pas peu dire! Nous avons passé toute la soirée, en mode bibendum avec toute nos épaisseurs sur nous, à nous réchauffer autour du feu de camp. Heureusement, un barbecue à volonté à remonté le moral des troupes.

Jour 2 : La journée la plus variée

"Mais c'est magnifique". C'est peut être la phrase que l'on a dite le plus souvent ce jour là. Au départ de Thalang, on longe une véritable forêt d'arbres morts, fantomatiques, comme sortis de nul part au milieu du lac. Un régal pour les yeux avec un goût amer néanmoins quand on se rend compte de l'immensité des forêts, villages et habitations qui ont été engloutis.

Par ailleurs, pour la petite histoire, le Laos tend désormais à se développer sur le volet de l'énergie hydroélectrique. Plus d'une quinzaine de barrage sont en activité et beaucoup d'autres en construction. L'énergie produite est revendue aux pays voisins mais la mise en service de barrages toujours plus conséquents (les plus gros d'Asie du Sud est) sont aussi très controversés pour leurs impacts écologiques et humains.

Rapidement, il faut emprunter des routes de montagnes pour relier Khoun Kham. Le temps s'étant nettement réchauffé,nous nous sommes arrêté aux Cool Spring ou les plus courageux peuvent se jeter à l'eau pour tester la température de ces piscines naturelles au milieu des montagnes. Rapide baignade mais cela aurait été dommage de ne pas profiter de ce petit lac translucide.

La route pour se rendre au village de Konglor aura probablement été la plus belle, même s'il est difficile de trancher catégoriquement!

Il s'agit cette fois d'emprunter des petites routes dans la vallée, parmi les champs asséchés, entourées de montagnes. Le contrastes de couleur en fin de journée est juste magnifique. Les paysages se prêtent à la contemplation de ces cultures, avec de sommaires cabanes en bois habitées, posées au milieu des champs. Avant d'arriver à Konglor, il faut traverser de nombreux villages ou nous avons été marqué par le manque de moyens des habitants. Nous sommes toujours accueillis tout sourire par de chaleureux "sabaidee" par les enfants. Les routes sont sommaires et il faut aussi marquer de nombreuses pauses pour laisser la priorité aux animaux qui traversent. Nico s'amuse d'ailleurs à commenter "traversée de cochons!!!", "traversée de poussins!!!", "traversée de vache! Ha ben non en fait elle réfléchi"...

Au village, nous avons choisi de loger dans une homestay (chez l'habitant). Les habitants n'ont pas accès à l'eau potable et en se promenant le long de la rivière on peut observer les scènes de vie quotidiennes autour de ce point d'eau qui alimente le village. Les gens viennent se laver, faire la lessive... Seule la guesthouse est alimentée en eau (froide ET chaude) pour les touristes. Il s'agit d'un choix personnel mais à côté de tout cela, toutes les maisons de la "rue", numérotée de 1 à 30 accueillent des touristes en homestay. C'est un logement chez l'habitant mais vu le nombres d'accueil possible, on se demande si chacune parvient à accueillir au moins quelques personnes par jour. On ne peut bien évidemment pas prétendre vivre comme les locaux mais ici le paradoxe est  particulièrement frappant. 

Le confort est sommaire mais la fatigue nous emporte à 20h...

Jour 3: Des grottes et des cascades

Pour le 3ème jour, il s'agit d'une petite journée sur le scooter. On commence par la visite de la Konglor cave aux dimensions spectaculaires : environ 30 mètres de large, 20 à 100 mètres de haut, 7,5 km de long... Cette immense formation naturelle a servi de planque pendant la deuxième guerre d'Indochine, puis, en découvrant une issue, les villageois s'en sont servi pour acheminer des armes et munitions.

On ne peut pas rester de marbre devant de telles proportions! On s'aventure dans la grotte en barque à moteur, avec une lampe frontale qui permet simplement d'imaginer les dimensions faramineuses.

Il s'agit vraiment d'une question de goût, mais malgré le spectacle, barboter dans l'eau, dans le noir, sous terre, ce n'est pas ce que je préfère. Cela n'enlève rien au fait que la traversée de la grotte soit vraiment impressionnante, mais je préfère voir la lumière!

Comme il ne s'agissait pas d'une grosse étape, le chemin du retour pour revenir sur la route principale aura été un vrai régal et l'occasion encore de se promener dans les cultures. Pour finir la journée, nous avons crapahuté dans la jungle pour aller se baigner dans les cascades à proximité puis voir le coucher de soleil sur la vallée.

Jour 4: Le blue lagoon et le retour

Pour le dernier jour, avant d'arriver à Thakhek, il faut emprunter une grosse route fréquentée sur près de 100 km.  Heureusement, pour ponctuer la monotonie de la route et fuir les camions qui nous aspergent de poussière, nous avons fait étape a Koun Kong Leng, un lagon bleu qui mérite vraiment le détour. Pour cela, il faut parcourir 21 km sur un chemin de terre poussiéreux. Il est facile de s'embourber ou de râper sur les cailloux camouflés par le sable. Nos habits s'en souviendront encore longtemps, nous sommes arrivés à Thakhek sales de la tête aux pieds, avec la marque des sacs à dos sur nos habits. Pourtant, nous sommes ravis d'avoir persévéré pour arriver à ça:

Notre plus beau point d'eau pour le moment! L'eau est bleue translucide, on peut voir les poissons nager sur les rebords.Nous sommes resté un bon moment à barboter dans ces eaux claires et faire des concours de plongeons avant de reprendre la route pour arriver a Thakhek.

A l'arrivée, nous avons juste eu le temps de prendre une douche et nous avons pris un bus de nuit pour Vientiane dans la soirée.

Pour cette loop, pas besoin d'infos pratiques, tout est disponible à Thakhek ou sur le blog des Bloup Trotteurs qui nous aura beaucoup aidé

Comme d'habitude les photos de notre tour de scooter sont ICI.

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