Le plateau Shan: le lac Inle


Au départ de Kalaw, plusieurs possibilités s'offrent à nous pour rejoindre la ville de Nyang Shwe au bord du lac Inle : le bus à attraper au vol, le taxi, le "tape cul" ou le train. Forts de notre expérience dans le train circulaire à Yangon, nous nous orientons vers cette solution pour pouvoir profiter des paysages entre ces deux villes, n'ayant pas fait le sacro-saint trek en question. La première difficulté sera de comprendre l'heure de départ du dit train. Certains nous diront 10-11h, d'autres 12h et les derniers entre 10h et 13h...Nous arrivons donc à la gare en avance mais pas trop histoire de cerner le fonctionnement. Ici, on ne peut pas acheter nos billets à l'avance ; il faut effectivement attendre que le personnel sonne une cloche sur le quai pour annoncer l'ouverture des ventes des billets. 14h30, le train part, vrombissant, cahin caha et longe les collines pendant plusieurs heures. Nous avons alors l'impression d'avoir remonté le temps et d'être dans une locomotive à vapeur, dans un nuage de fumée noire et dense, suivant le rythme du wagon. Les paysages se succèdent et nous offrent des vues magnifiques sur les collines cultivées et verdoyantes à perte de vue. Les rails serpentent entre les collines et virevoltent, offrant parfois des virages périlleux. Une très belle arrivée à Nyang Shwe en somme.

A bicyclette, première découverte du lac

Pour repérer un peu les lieux et remettre nos jambes au travail, le vélo est un excellent moyen de parcourir la campagne environnante sans aller directement se perdre sur le lac. L’intérêt du Lac Inle, c'est évidemment le lac en lui même ; mais les environs ont un certain charme indéniable, nous ramenant dans la campagne birmane que nous avons tant aimée pendant le trek.
La région est peuplée par le peuple Intha, les "fils du lac". Faits prisonniers au XII ème siècle ils ont alors été reclus dans des villages autour du lac, entourés de montagnes. Prisonniers des montagnes et après avoir cultivés les rives du lac, les Inthas ont alors commencé à construire des habitations sur l'eau et développé leur mode de pêche propre.

Au programme, monastère Shweyanpyay en teck et sa pagode au déambulatoire rempli de bouddha et fameux pont en teck aussi qui nous permet de faire tout doucement connaissance avec le fameux lac. Ici, nous voyons les premières maisons sur pilotis et les jardins flottants. Pour admirer la vue, nous montons, très péniblement au pied d'une pagode en hauteur. Enfin, pour entamer la 33ème année de Nico en beauté, nous avons céder à la tentation d'aller essayer le vin local au coucher du soleil. Une semi réussite compte tenu de nos estomacs fragilisés par la cuisine birmane...

Sankar et le lac Inle

S'aventurer sur le lac Inle, c'est bien mais c'est aussi bien rodé : tous les tours opérateurs et les chauffeurs proposent effectivement la même chose pour passer quelques heures en bateau et effectuer quelques visites phares. C'est tentant, mais on a eu envie de rajouter autre chose....Pour mieux comprendre, voici une carte du lac avec à sa pointe sud le bassin de Sankar.

Nous avons donc trouvé un chauffeur directement à l'embarcadère disposé à nous conduire toute la journée pour allier les visites du lac Inlé et rejoindre le lac Sankar à 6h aller retour de Nyang Shwe. On s'engage donc pour toute une journée en bateau mais tant qu'à faire !

Dès l'arrivée sur le lac, une armée de faux pêcheur se mettent à l’œuvre. Entendez par là des personnes prenant a pose à l'arrivée des touristes qu'ils attrapent dans leurs filets... Puis, enfin, arrivent les vrais. En effet, les Inthas ont développé une technique de pêche étonnante: équilibristes et danseurs de l'eau, ces pêcheurs Inthas perchés au bout de leur pirogue ont une rame coincée sous la jambe et s'en serve pour ramer. Ils ont ainsi les deux mains libres pour lancer les filets et frapper l'eau avec une grande perche pour ramener les poissons dans le filet. Plutôt difficile à expliquer ; voici quelques images pour mieux comprendre...

Pour aller jusqu'à Sankar, il faut donc sortir du lac principale et rapidement s'engouffrer dans les petits canaux . De là, nous longeons de nombreux villages flottants. Importants par leur nombres et surtout par leur taille ! Nous les traversons sur le canal principale mais de nombreux canaux secondaires forment des rues et ruelles.

Notre passage ne dérangera pas le moins du monde les personnes en train de vaquer à leurs occupations :une femme emmène ses enfants à l'école sur une pirogue, les femmes font la vaisselle sur le pas de leur porte, d'autres rament pour aller au marché. La vie de tout à chacun est organisée autour de l'eau et du canal. Celui ci continue de rétrécir petit à petit.....jusqu'à devenir malheureusement pour nous complètement bloqué par des algues. Impossible donc de passer au delà avec notre barque et de relier Sankar. Tant pis, notre guide rebondi rapidement pour nous proposer un plan B et nous retournons donc sur les chemins traditionnels après cette petite pause au cœur de la vie des pécheurs.
Les visites de village de potiers, d'atelier de tissage, orfèvrerie n'auront pas réussi à égaler la beauté des paysages que nous avons vu en longeant les villages, les jardins flottants (véritables jardins formés par l'accumulation d'herbes sur lesquels nous voyons même des plans de tomates!) et visitant les monastères perchés sur l'eau.

La journée bien remplie s'est terminée sur l'eau et nous aura permis de voir les paysages dans presque tous les états ; ensommeillés et endormis dans la brume matinale et l'ombre des montagnes, au rythme de la vie quotidienne des pêcheurs, effervescents aux principaux centres d’intérêts sous le soleil puis miroitant sous le coucher du soleil....

Même région que la ville de Kalaw, cette étape au lac Inle nous aura permis de retrouver les paysages qui nous ont charmé dans la région de Pindaya. Pourtant, l'attrait du lac n'aura pas réussi à camoufler l'effervescence touristique qui s'empare de la région. Nyang Shwe ressemble finalement à une ville balnéaire en pleine expansion et la visite du lac peut aussi rapidement se transformer en petit circuit bien rodé pour voir les fabriques et boutiques de vendeurs, ainsi que parfois, des femmes girafes faisant office de publicité devant les boutiques.

Du coup c'est décidé, on retourne à la campagne, et peut être même que l'on va revoir des femme girafes dans notre prochaine étape !

Comme d'habitude, toutes les photos de notre étape au lac Inle sont à voir ICI.

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