Les rizières de Yuanyang 11


Le Yunnan, la fin de la traversée chinoise

Après presque deux mois en Chine, le sud du Yunnan, et plus particulièrement les rizières en terrasse de Yuanyang seront notre dernière étape avant de passer la frontière vietnamienne.

Visiter cette région est déjà un choix logistique compte tenu de la proximité avec le Vietnam et les cars pouvant nous déposer à la frontière. On apprécie également les régions reculées et cette partie du pays pourra peut être correspondre à nos attentes même si les rizières en terrasses ont été classées au Patrimoine mondiale de l'Unesco en 2013, ce qui risque d'annoncer un tourisme "à la chinoise".

Les rizières en terrasse

On s'attendait à des vues somptueuses avec des reliefs de rizières à perte de vue; et bien on a pas été déçu du voyage! Les paysages sont constitués de multitudes de rizières en terrasse qui se superposent les unes aux autres. Malgré les changements touristiques opérés dans la région et à venir, l'harmonie de notre village demeure encore équilibrée bien que de nombreuses auberges occupent déjà beaucoup de place. Les alentours sont en construction, des grues semblent vouloir faire pousser de nouveaux chantiers tandis que certains sont à l'abandon.

Notre village compte moins de 1000 habitants; et c'est sans compter sur les animaux qui occupent une part importante dans la vie du hameau. Pour arriver à notre guesthouse, il faut effectivement traverser des ruelles sinueuses et aussi une basse cour géante constituée de poules, canards, oies, cochons, buffles...Tous bien à leur aise dans les petites ruelles.

Le travail des Hani

En se promenant sur les digues entre les rizières, on peut imaginer le travail de sculpteur pour arriver à ce résultat. La montagne est littéralement transformée, creusée en bassins horizontaux et en digues de terre.

Ce sont les Hani (l'une des 56 minorités ethniques vivant en Chine) qui, limités par le peu de terre cultivable dans la région, ont creusé les montagnes. Nous avons très peu d'échanges et de sourires également avec les habitants, probablement dus à leur conditions de travail très difficiles et au mode de vie particulièrement rude. L'ouverture "en masse" au tourisme a d'ailleurs bouleversé les habitudes. De nombreux agriculteurs ont économisé pour s'acheter un mini van afin de travailler dans le domaine du tourisme ou bien du bâtiment, délaissant les rizières. L'équilibre de cette région semble fragile et le paysages, pour toutes ces raisons, en constante évolution.

Depuis l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO, plusieurs plateformes aux meilleurs points de vue ont été construites, moyennant une entrée payante dans le parc. Nous avons donc occupé notre première journée à sillonner les routes entre chaque plateformes pour admirer les paysages. Comme nous avions prévu de passer 5 jours ici, nous avons eu tout le loisir de nous promener dans les rizières (quand il n'y a pas de chemin, il a fallu emprunter les digues) et observer les personnes travailler. Nous ne connaissons pas grand chose  à la culture du riz mais les récoltes semblaient terminées car chaque terrasse était alors remplie d'eau, promettant de magnifiques reflets au coucher du soleil. D'ailleurs, de nombreuses personnes étaient alors en train de labourer leur terrain à l'aide de buffles. Nous avons été bluffés par l'ingéniosité dont tout le monde fait preuve, pour palier aux conditions difficile et au manque d'engins électriques : voir toutes ces femmes, le dos courbé sous la charge de leur panier sur le dos remonter le long des digues, les récoltes sécher sur les toits, les cours d'eau détournés pour acheminer un chantier, les paysans en train de labourer...Tous ces petits gestes qui nous rappellent nos premières impressions en Mongolie sur la façon de s'approprier les ressources naturelles sans moyen (Vive le système D).

Encore des couleurs

Sur les marchés, nous avons pu admirer les femmes revêtues de leurs tenues traditionnelles, une coiffe bleue pour la plupart, assortie à leur haut, agrémenté de pendentifs et de breloques argentés.

Cinq jours dans ce lieu hors du temps, et ce malgré nos craintes (beaucoup tourisme...) coupé du monde, nous ont permis de profiter pleinement de la vie du village au rythme des changements de couleurs dans le paysage que nous pouvions admirer depuis le toit de notre guesthouse.

Comme d'habitude, toutes nos photos ICI

Prochaine étape, le Vietnam après 61 jours en Chine.


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11 thoughts on “Les rizières de Yuanyang

  • Alexandra

    Bonjour vous deux 🙂

    J’ai eu envie de votre poster un petit message même sans nouvel article.

    J’espère que vous allez bien.

    Bisous Bisous

    A et B

    • Elise Post author

      Coucou, merci pour ton petit mot ça fait plaisir. Tu nous rappelles d’ailleurs que nous devons rattraper notre retard sur les articles et trouver une connexion stable pour poster sur le Vietnam 😉
      Bisous de Phong N’a!

  • Christiane Alain

    ELISE et NICO merci pour c’ est magnifique photos qui nous font rêver .
    Bonne continuation au Vietnam BISES.

  • Turpin

    Bravo les jeunes, profitez bien de tous ces beaux paysages et de ce monde différent du notre. Que de beaux souvenirs ….Gros bisous

  • valem veronique

    coucou Elise,
    que dire a part ouyahhhhhhhhhhhhhhh c’est magnifique..
    c’est tellement beau.
    pourquoi ce ne sont que les femmes qui portent le costume traditionnel?

    • Elise Post author

      Hehe bonne question. Pour les hommes c’est beaucoup plus soft, un pantalon en toile noire. Ça doit être plus pratique pour fumer les bangs en bois et jouer au billard au marché en buvant de l’alcool de riz ?

  • Alex

    Bonjour 🙂

    Merci pour votre message, encore une fois très intéressant et poétique.

    J’aime l’idée que vous êtes peut être encore derrière votre ordinateur à l’autre bout du monde pour lire ce commentaire.

    On pense fort à vous.

    Alexandra et Bruno

    • Elise Post author

      Tout à fait fait, nous sommes au Nord du Vietnam pour lire ton gentil mot quasi en direct 😉

      Grosses bises de nous deux en direct de Sapa