Loikaw


Loi quoi ? Mais pourquoi donc vous voulez aller là bas ? Il n'y a rien...

Pourtant, Loikaw c'est la capitale de l'état de Kayah. A moins de 6 heures de route de Nyang Shwe, la ville sort tout doucement d'un isolement forcé avec une ouverture au tourisme en 2013, des conflits ont toujours eu lieu jusqu'à récemment. Encore peu fréquentée et méconnue, cette région à l'état pure ne manque pas de charmes et abrite aussi une communauté d'ethnies différentes, dont les femmes girafes Padaung.

Petite parenthèse pour nous expliquer. Des femmes girafes on aurait pu en voir en Thaïlande du côté de Chiang Rai (moyennant un droit d'entrée dans le village), puis à Inle, mais nous ne voulions pas rester sur ce côté artificiel. Entendez par là que les villages crées de toutes pièces et les femmes exposées ainsi sont souvent expatriées dans un état de semi esclave pour servir d’attraction locale. A quelques kilomètres de Loikaw se trouve leur terre natale ; c'est donc l'occasion de les rencontrer dans leur élément et hors de la pression touristique.

Des pagodes... Suspendues !

A notre arrivée à Loikaw, nous avons directement filé vers d'autres richesses de la région : les pagodes suspendues. Celle de Taung Gwe est connue pour son architecture originale, perchées sur des rochers, eux mêmes reliés par des ponts. C'est donc en ayant l'impression de nous promener sur le rochers surplombant la ville que nous la visitons.

Loikaw est une petite ville sympathique, avec un petit lac en son centre. Malgré le calme, la présence militaire est bien réelle et nous la ressentons aussi pour la première fois : barrages routiers, enregistrement auprès des autorités à notre arrivée, hypothétique autorisation pour visiter les villages ethniques...
En effet, pour visiter la région, les informations différent. Certains disent qu'il faut un permis spécial délivré par les militaires tandis que d'autres nous assurent que non ; mais que cela dépend finalement de la personne sur laquelle nous pouvons tomber au moment d'un éventuel contrôle. N'étant pas au courant au moment de notre venue, nous n'avions donc pas eu de permis mais n'avons pas été contrôlé non plus...

Ethnie Padaung et Karen rouges

L'ethnie Padaung, les « long neck women » en anglais, vivent dans deux petits villages aux alentours de Loikaw. Elles ont effectivement le cou encerclé d'anneau appuyant sur les épaules pour, non pas allonger le cou mais affaisser à partir des épaules avec le poids du métal.

Il ne s'agit pas d'anneaux qui viennent s'empiler les uns sur les autres au fur et à mesure de la croissance mais d'un bloc semblable à un ressort. Les petites filles commenceraient à le porter à partir de 6 ans mais nous avons croisé des enfants plus jeunes avec cet appareil.
Le village est encore très pauvre bien que relié depuis peu à l’électricité. La visite de la présidente Aung San Suu Kyi il y a 4 mois a permis d'écouter les doléances des villageois et d'entamer la construction des routes pour accéder au village. En effet, sur le chemin, des dizaines de kilomètres sont en construction pour remplacer les chemins caillouteux par du goudron.

Le village en lui même est entouré de champs de riz mais faute d'approvisionnement en eau suffisant, les habitants ne peuvent pas faire plus d'une récolte par an, juste assez pour leur consommation personnelle.

Ce village n'est pas adapté pour accueillir des visiteurs et les touristes n'ont d'ailleurs pas le droit d'y dormir, même avec une autorisation. La personne qui nous a accueilli, mère de dix enfants, est restée vivre au village tandis que d'autres femmes de la communauté partent effectivement gagner plus d'argent dans d'autres contrée (Thaïlande, villes touristiques de Birmanie). Elle nous a également joué un air de guitare à 4 cordes avant de me faire essayer une version allégée de son ressort ! Et que c'est lourd ! Entre 6 et 8 kilos pour une femme adulte...
En nous promenant dans le village, nous avons croisé quelques petites filles avec ces ressorts, souvent très jeunes et les femmes attablées à leurs occupations quotidiennes. Nous n'avons jamais eu l'impression de les voir exposer comme à Inle ou les villages en Thaïlande, ce qui fait du bien et facilite les rencontres.

Pour parfaire nos visites ethniques, nous partons à la rencontre des Karen rouges. Les femmes portent l’habit traditionnel, afin de ressembler à l’emblème de l’état Kayah à savoir l’oiseau Kinnaree. Elles vont donc transformer leur morphologie pour avoir un corps d’oiseau : anneaux serrés autour des jambes, des piercing avec des poids lourds aux oreilles et une cape. Cette tradition tend à se perdre puisque les jeunes femmes ne trouvent maintenant plus ces tenues esthétiques.

Nos quelques jours à Loikaw nous auront permis de découvrir un nouveau visage de la Birmanie, celui des ethnies oubliées, des régions sauvages, authentiques au récent passé douloureux. Les atouts de cette zone commencent à s'ouvrir et se découvrir ; on espère que la ville conservera son authenticité pour ne pas transformer les rencontres ethniques en tour opérateur.

Finalement, nous aurons passé quelques jours de repos et de découverte dans cette région encore écartée des circuits touristiques et non moins accueillante.

Maintenant, nous pouvons affronter la foule du merveilleux site de Bagan.

Comme d'habitude, toutes nos photos de nos visites sont ICI.

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