Surprises et chinoiseries 2


Après deux mois passés en Chine, nous ne sommes toujours pas des experts en culture chinoise mais je pense que l’on commence à avoir un bon aperçu des règles du pays. La encore, nous avons eu nos doses de surprises.

Bien qu’un peu caricaturales, ces descriptions ne sont absolument pas des jugements de notre part. Les amalgames ont la côte en ce moment et nous ne voudrions pas rentrer dans ce jeu là. Pour cela, nous parlerons donc DU chinois. Celui qui, bien sur, ne représente pas la majorité de la population, mais celui-là même qui nous a fait rire, agacé, re-fait rire, surpris, re-fait rire, bluffé… LE chinois ne rentrera, heureusement pour lui, pas dans toutes les catégories ci-dessous mais notre imaginaire a fait le reste.

Après tout, nos habitudes de bons français peuvent elles aussi surement choquer d’autres asiatiques que nous croisons (peut être même des chinois qui sait?). En tout cas, d’un point de vue purement objectif, nous partageons des règles de savoir-vivre différentes et je ne m’aventurerai pas à essayer d’en découvrir les raisons (surement obscures d’ailleurs). Tintin en parle d’ailleurs très bien:

tintin

Mais finalement, qui est le chinois?

Le chinois se lache

Nous nous sommes rapidement rendus compte que les règles de savoir-vivre semblent différentes en Chine. Dès notre arrivée à la gare nous avons commencé à entendre très régulièrement des bruyants raclements de gorges, quelques rots et pets mais surtout des crachats… Il ne faut donc pas s’étonner de voir les chinois se relâcher, se moucher dans leur doigts dans le métro, cela ne choque personne…mais au début ça surprend (à la fin aussi d’ailleurs)! Bien évidement cela concerne aussi les jeunes, les femmes, les petites mamies. Quand un de ces besoins urgents se fait ressentir, même à l’intérieur, les plus propres iront vers la poubelle la plus proche. Les autres, hé ben ne se poseront pas tant de questions.

Ici, cracher c’est presque un sport national. Mais tous ces raclement de gorges bien sonores, en ville, à la campagne, au restaurant, venant parfois de la cuisine des restaurants, c’est assez…répugnant. Cela viendrait apparemment de la médecine traditionnelle qui préconiserait de ne garder aucun déchet en soi; être propre en quelque sorte.

La grande muraille (21)

Le chinois est sourd

A Pékin, nous logions dans une auberge dans un quartier de hutong (labyrinthe de petites ruelles autour de vieilles demeures) très bruyant. Le bruit, il y en a alors partout; de la part des chinois, de la circulation, des klaxons de tuk-tuk et surtout des restaurants et magasins qui mettent des hauts parleurs plus forts que leur voisin. Je pensais que l’on était habitué aux bruits des villes mais le problème c’est aussi le niveau sonore des chinois eux même. Ils hurlent crient au téléphone et mettent systématiquement le volume du haut parleur à fond pour en faire profiter tout le monde. Et ce même devant les petits bébés pandas de quelques mois (bon là on a pas pu s’empêcher de râler; en bons français 😉 De même, cela ne pose pas de problème de passer un coup de fil avec haut parleur à 8h du mat’ alors que l’on dort à côté.

Dis comme cela, ça ne parait pas si terrible, mais venant de Mongolie, ou la vie était rythmée aux bruits des animaux (sisi un yak, ça fait des bruits bizarres), c’est le choc assuré. La moindre visite de parcs peut vite dégénérer en migraine carabinée. Bref, on a fini sourds et avec des boules quies en plus.

Le chinois parle chinois

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Déjà en Mongolie on pataugeait un peu pour trouver des interlocuteurs qui parlaient anglais. Mais là autant vous dire que c’est le néant! On est très régulièrement salué d’un gentil “hello!” mais ça s’arrête là. Sur 20 guichets à la gare de Pékin, un seul parle un peu anglais. Ça à été de mal en pis au fur et à mesure y compris dans les hôtels. Mais bon, après tout, on ne parle pas chinois non plus! Sauf que l’alphabet chinois c’est pas notre tasse de thé.

Le chinois est pipelette et curieux

Alors c’est sur, les frisés barbus et les rousses ça ne doit pas courir les rues! Dès le premier jour un homme s’est stoppé net pour nous dévisager sous l’effet de surprise. Maintenant, on ne compte plus les fois ou les gens se sont arrêtés pour nous prendre discrètement en photos ou bien ont demandé à poser avec nous. Beaucoup de personnes engageraient bien la conversation mais vu notre niveau de chinois on ne va pas très loin dans les présentations. Comprenant alors qu’on ne parle pas la même langue, nos interlocuteurs parlent alors plus fort (si si c’est possible), plus lentement, mais rien n’y fait! La langue chinoise est faite de différentes prononciations, ce qui fait qu’un même mot, prononcé avec un accent différent peut avoir plusieurs significations. On ne s’y est pas trop aventuré…

Le chinois aime la sécurité

La preuve en est avec le grande muraille de Chine! De manière plus contemporairne, pour entrer dans une gare, dans le métro, et même pour passer certaines portions de grandes avenues à Pékin, il faut passer sous un (voir plusieurs) portiques de sécurité et passer nos sacs au rayon X. Cette légère parano est même poussée à son maximum pour nous contrôler avant d’entrer tout simplement dans une gare pour acheter un billet ou jusqu’à sentir nos gourdes pour vérifier qu’il s’agisse bien d’eau ou de thé. Quand je vous disais qu’il fallait être en avance avant de prendre le train… Pour la petite histoire (moyennement drôle), un de nos compagnon de chambre s’est même vu réveillé à 1h du matin (nous aussi par la même occasion) par un policier dans notre chambre pour vérifier la durée de validité de son visa. Autant vous dire que l’on a fait de grands sourire au poste frontière quand on s’est rendu compte que l’on avait dépassé d’un jour la durée de notre visa!

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Le chinois aime son vélo (électrique)

Le 2 roues est surement le moyen préféré des chinois pour se déplacer en ville. Dans toutes les villes que nous avons visitées, les rues grouillaient de vélos et scooters en tout genre. Mon préféré est le petit vélo électrique 2 places, voir souvent 3 places ,et de toutes les couleurs que l’on voit beaucoup à Pékin.

Les pistes adaptées aux deux roues sur les cotés des grands axes sont souvent saturées nécessitant l’intervention d’un agent de la roue pour gérer tout cela (oui le mélange voitures, 2 roues et piétons c’est parfois difficile a gérer!).

En tout cas nous nous sommes bien amusés a regarder passer tous ces véhicules, parfois beaucoup trop chargés et qui essayaient de se frayer un chemin pour passer devant les autres.

http://dai.ly/x50a4wf

Le chinois prend tout le temps des photos…

…Et surtout de lui. partout, n’importe où, devant tout et n’importe quoi. La perche à selfie est probablement son accessoire préféré, de sorte qu’il se promene avec son téléphone accroché à la perche en toute circonstance. Il est à noter que la perche à selfie lui sert aussi pour donner des coups en cas de bousculade…

Pékin la cité interdite (7)

Le chinois n’aime pas (trop) marcher

Ca tombe bien, la plupart des sites nécessitant trop d’efforts ont été aménagés avec des bus, téléphériques, télécabines, montée à cheval etc…

Pékin Hutong (1)

Le chinois n’aime pas attendre

La encore, malgré quelques recommandations officielles depuis les Jeux Olympiques (ne plus cracher et roter en public, ne pas parler fort, ne pas doubler systématiquement dans les files d’attentes…) ces pratiques demeurent bien ancrées. À la moindre file d’attente le chinois trouve un moyen de doubler, pousser, gruger pour être le premier. Il ne faut pas le prendre mal, il fait ça avec tout le monde! Si ça ne passe pas par la droite, il passe par la gauche! On ne savait plus ou donner de la tête! Autant dire que cela concerne n’importe quelle attente. Nous sommes trop longs au guichet? Pas de soucis, le chinois s’incruste à côté de nous pour parler à notre place et récupérer son ticket avant nous!

Le chinois aime la proximité

Cela va sans dire au vu du point précédent mais quand même, certaines infrastructures s’y prêtent plutôt bien. Par exemple, Pékin est sûrement la ville avec le plus de toilettes publics. Par contre il faut savoir que les WC (séparés hommes-femmes) n’ont pas toujours de portes et que les murets séparant les “cabinets” (quand il y en a) arrive pas plus haut qu’à la taille…

Dans un tout autre esprit, mais cela concernera sûrement d’autres pays, nous regrettons de ne pas maîtriser un minimum la langue. Il est très amusant de voir la façon qu’ont les gens de communiquer entre eux. Très peu de barrière, tout le monde parle a tout le monde.

Le chinois ne s’encombre pas de formules de politesse

Un jeune professeur nous expliquait que la communication était beaucoup plus simple en Chine. Pas de “s’il vous plaît”, “je vous en prie”, “merci” à toutes les sauces pour demander quelque chose. Juste “je veux …”, “J’ai besoin…”, “Il me faut…”. Dans notre ultra politesse ça change.

 

Le chinois est accueillant et généreux

La aussi ce ne sont pas les exemples qui manquent. De notre journée passée avec Leo et ses amis à Daotcheng ou nous nous sommes fait invités à tous les repas, toutes ces rencontres dans les trains couchettes ou tous les yeux restaient rivés sur nous pendant que l’on nous offrait du thé, des pâtes de poulet, des omelettes… N’oublions pas non plus toutes ces personnes qui sont venues à notre secours pour nous aider à nous orienter ou commander un plat, délaissant parfois leurs commerces pour nous accompagner.

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Par dessus tout, Le chinois aime les français et cela nous aura permis d’avoir (plus que jamais auparavant) de nombreuses discussions autour de la vie de Sophie Marceau, la prétendue homosexualité d’Alain Delon, et parfois même Victor Hugo.

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Alors pour conclure, oui, nous aussi on aime LES chinois (mais avec des boules quies).

Nouveau! Pour les intéressés de l’itinéraire, voici une carte correspondant à nos étapes chinoises. Plein d’infos sur les villes, les trajets, le budget etc…


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2 thoughts on “Surprises et chinoiseries

  • Alex

    Bonjour à vous deux 🙂

    C’est là que je suis contente que vous ayez gardé les boules Quies lors de la dernière revue des sacs !

    Très bon article, très humoriste en tout cas.

    Quelle est la prochaine étape ?

    Bisous Bisous

    Alexandra

    PS : Quelques nouvelles de France, on est à l’heure d’hiver. A nous les nuits à 18H 🙁 Sinon, après Halloween, les décorations de Noël commence à être installer.

    • Elise

      Ha oui les boules quies (et le VPN) c’est l’accessoire indispensable pour voyager en Chine! Pas comme le fond de teint ?
      On a d’ailleurs fait un autre tri en cours de route et renvoyé un colis en France!
      Ici il fait nuit à 17h30, du coup il faut se lever tôt. On est au Vietnam, à la Baie d’Halong sur l’île de Car Ba. On voit enfin des plages je suis ravie 😉

      Bisous bisous