Yading National Park 9


Après notre passage rapide à Garze et à Yachen Gar, nous avons voulu descendre au sud de la région du Sichuan. Pour cela, pas de trains mais il est toujours possible de prendre un van-taxi. Les nombreux chauffeurs viennent de toute manière à notre rencontre pour nous proposer leurs services et nous décidons de descendre à Litang le temps de prévoir la suite de notre programme. Pour cela rien de plus simple; au départ de Yachen Gar, prendre un taxi jusqu'à Garze (2h de route). À Garze, changer de chauffeur pour reprendre un Van qui nous déposera dans une ville inconnue au milieu des montagnes, et à partir de là, remonter dans un 3eme van avec un chauffeur mafieu jusqu'à Litang. Bilan des courses : 11h de route dans la journée et l'impression d'être tombés aux mains de ce que nous appellerons maintenant "la mafia des drivers". Il faut dire que notre chauffeur n°3 avait la fâcheuse habitude de s'arrêter au milieu de nul part pour déposer ses potes, déposer des colis et nous faire poireauter comme des nouilles au milieu de la ville sans nom.

Bref, arrivés à Litang en pleine nuit, sous la pluie, on a comme une impression de far-west-du-bout-du-monde-déprimant. Ou peut-être qu'il s'agit de la fatigue de la route qui parle... A cause de tout ça, on décide dès le lendemain d'enchaîner directement la route et de reprendre un car en direction de Daotcheng plus au Sud. Cette fois nous avons enfin trouvé notre havre de paix! Il fait plutôt beau (entre deux averses), la température est convenable et l'hôtel est confortable. Sans compter que les gérants parlent anglais, ce qui nous permet de peaufiner ce que nous avions en tête : la réserve naturelle de Yading, un parc national composé de trois montagnes sacrées, Jambeyang (5958 mètres), Chanadorje (5958 mètres), Shenrezig (6032 mètres) , des fleuves, des lacs et des prairies alpines. Il s'agirait de la réserve la mieux préservée de Chine, elle est aussi appelée  «le dernier morceau de terre pure de la planète bleue».

Par contre, il faut dire que si cette réserve figure sur notre guide, elle ne prend pas plus de quelques lignes sur le manuel. Ce que nous savons :

♦ Cette randonnées s'adresse aux randonneurs avertis -> ça devrait aller

♦ Il s'agit d'une randonnées à plus de 4000 m d'altitude -> jusque là ça va

♦ Il faudra bivouaquer pour une nuit -> il y a pas le choix

♦ Nous avons vraiment besoin d'une carte!

Notre hôte à l'air plutôt rassurant sur la randonnées en elle même "easy, easy" et il nous dit qu'elle est réalisable en 12 heures de marche. Nous nous jetons donc à l'eau en lui louant une tente et en réservant une place dans un taxi pour le lendemain matin.

Nos sacs remplis de nourriture et du nécessaire pour passer la nuit, nous voila donc partis pour Yading après s'être levés à 6h du matin. Nous arrivons dans un village (ou plutôt ville dortoir remplie d’hôtels) et nous suivons un groupe de chinois pour trouver l'entrée du parc.

La première partie du trek, qui va du temple de Chong Gu jusqu'aux prairies de Luorong, est plutôt agréable et bien aménagée (pour une fois en Chine, nous remarquons que le paysage n'a pas été dénaturé par des constructions en tout genre). Nous suivons une petite rivière de montagne d'un bleu très claire et après environ 2 heures de marche, nous arrivons aux prairies de Luorong. Il est à noter que toute cette partie est réalisable en 20min en prenant un petit bus électrique. Hé oui, le chinois est un peu faignant et il n'aime pas marcher!

La deuxième partie du trek part de Luorong et s'étend jusqu'au au Lac Blanc. Pourtant plus fréquentée que la première partie (oui le bus ne passe plus, mais on peut quand même finir la montée à cheval...), cette partie est moins bien aménagée et nous nous retrouvons sur un chemin de terre et de cailloux. Nous montons pendant 5 km a flanc de montagne en admirant les pics enneigés autour de nous avant d'arriver au premier lac; le Lac Blanc.

En chemin nous avons eu droit a des bousculades de chevaux et aux encouragements de certains chinois qui nous regardaient avec nos gros sac a dos. Nous avons même essayer d'aider quelques "marcheurs" ayant le mal d'altitude et un chinois qui devient tout blanc c'est plutôt déstabilisant!
Dans notre cas nous avions eu le temps de nous habituer en restant à haute altitude pendant quelques temps, mais certains touristes arrivent directement a 4000 mètres d'altitude sans faire de paliers. Beaucoup d'entre eux montent avec des bouteilles d’oxygène pour éviter ce problème mais ça ne semble pas fonctionner à tous les coups.

Nous restons quelques temps proche du Lac Blanc pour admirer ce paysage magnifique et récupérer un peu de la montée. Avant de continuer notre marche en direction du premier col, nous décidons de faire un petit détour par le Lac aux cinq couleurs, un petit peu plus haut, pour voir le glacier de plus prêt mais surtout la vallée en contre-bas.

Nous continuons notre marche en direction du premier col en longeant le chemin "officiel" d'un peu plus haut. Nous sommes maintenant a plus de 4500 metres d'altitude, le manque d’oxygène commence a se faire sentir et nos jambes sont lourdes après les quelques heures de marches que nous venons de faire. Mais nous gardons notre motivation en voyant les derniers touristes chinois au loin et en se disant qu'une vue comme celle la vaux le coup de continuer!

Nous arrivons enfin en haut du col (satané col!!) ou nous voyons les drapeaux de prières. Nous sommes tout les deux essoufflés et je suis fier d'Elise car nous avons monté ce col tous les deux!

Comme il commence à se faire tard, il ne faut plus trainer avant d'arriver aux zones autorisées pour camper et nous entamons un descente un peu sportive jusqu'aux premières huttes marquant notre arrivée. Un couple d'américain occupe un hutte et la deuxième est inaccessible tellement de déchets y sont stockés. Trois tentes ont été montées par des chinois à côté de nous. L'un deux nous averti que des averses sont prévus pour la nuit et nous mettons tout notre cœur pour monter la tente en espérant qu'elle soit bien étanche. Malgré notre arrivée tardive sur le camp, nous avons pu profiter du magnifique coucher de soleil entre les nuage. Ce fut rapide car à peine 5 minutes après s'être extasiés devant la vue, la brume est montée et nous ne voyions plus à deux mètres. Il ne nous aura pas fallu longtemps pour engloutir notre portion de pâtes et aller se coucher.

Notre voisin nous avait annoncé des averses à partir de minuit.

♦ Effectivement; 23h59, il pleut, il y a des éclairs, le vent souffle et je n'arrive pas à me réchauffer.

♦ 1h du matin, il pleut, il y a des éclairs, le vent souffle fort, Elise a faim.

♦ 1h30, il pleut-neige sacrément fort mais la tente à l'air imperméable. Elise a froid ET faim.

♦ Tard dans la nuit, il pleut-neige, Elise dort, le sol est dur. (Pour la prochaine fois: penser à louer un matelas gonflable).

Finalement, notre tente de location a tenu bon mais c'est tout humides et un peu raides que nous nous levons pour nous préparer pour notre 2° journée. La reprise est un peu difficile, mais se réveiller à côté des rares chinois qui apprécient la randonnées et nous offrent des snikers de bon matin nous aide à décoller. (A noter : un sniker peut aussi servir d'appât pour faire avancer une femme en manque de chocolat).

Après avoir passé une nuit tumultueuse à 4400m, la troisième partie du trek commence doucement, un petit chemin a flanc de montagne monte et descend tranquillement jusqu’à arriver a de petites maisons de pierres abandonnées. Ça nous permet de nous dégourdir les jambes et de refaire le plein d'eau dans un petit ruisseau de montagne.

Arrivés a ce point, nous lisons que cette partie va être difficile et qu'il va falloir passer un deuxième col. Pour le moment nous ne nous voyons pas vraiment de difficultés a portée de vue, les sommets alentours semblent bien trop hauts et le chemin continue en montant un peu.

Ce n'est qu’après plus d'une heure de marche que nous comprenons ce que veux dire difficile en voyant le col que nous devons monter!

Nous soufflons un peu et après quelques encouragements (et surtout deux snikers!), nous attaquons l'ascension de ce col a plus de 4600 mètres d'altitude. Il nous faudra plus d'une heure pour monter mais la vue que nous avons de part et d'autre du sommet nous fait vite oublier la douloureuse montée.

La dernière partie est bien plus reposante, après être montés pendant un long moment, nous commençons maintenant la descente qui nous ramènera jusqu’à l'entrée du parc. Nous commençons a revoir de la végétation et notamment quelques arbres qui commencent a prendre leurs couleurs d'automne.

Avant de finir notre marche, nous décidons de nos arrêter manger dans un petit coin de verdure entouré de drapeaux de prières. Nous mangeons face a une montagne, le mont Shenresig, en nous disant que nous dormions de l'autre coté la nuit dernière.

Après une longue descente a travers la foret, nous commençons a entendre les premières discussions de chinois a travers les feuillages. Il nous faudra pas longtemps pour rejoindre le sentier balisé et retrouver tous les touristes.

Le changement  va être radical, nous nous souvenons tout a coup que c'est le premier jour de vacance des chinois, de tous les chinois! Entre la fatigue et le brouhaha environnant, nous ne mettrons pas longtemps a rejoindre le bus qui nous ramènera en bas du parc.

C'est les jambes lourdes et la tête pleine de ces beaux paysages que nous rentrerons a Daocheng. Nous resterons par la suite quelques jours a Daocheng pour nous reposer ( et patienter pendant les vacances chinoises) avant de partir dans le sud, dans le Yunnan. Ce fut aussi l'occasion de rencontrer un trio de jeunes chinois-cubains testeurs de cigares!

 

Comme nous avons eu un peu de mal à trouver des informations en français sur internet, voici notre petit guide pratique, si cela peut servir à d'autres personnes:

♦ Prix de l'entrée :  270 yuan par personne (150 pour le parc et 120 pour la navette apparemment indispensable)

♦ Trajet entre Daotcheng et Shangri-là village (Tourism center d'ou l'on peut prendre la navette): 50 yuan par personne. De nombreux chauffeurs se proposent de faire le trajet. Nous sommes partis à 7h de Daotcheng et arrivé au début du circuit à 10h30. Il ne faut donc pas partir trop tard. D'autres personnes optent pour dormir à Yading village (après le tourisme center) pour être plus prêt. C'est possible mais plus cher.

♦ Location de la tente : à voir auprès des guesthouse : nous avons payé 50 yuans pour les deux jours de trek.

♦ Toutes les informations nécessaires pour effectuer le circuit sur deux jours disponibles sur le blog d'un américain (Yading Nature reserve). Il décrit très bien les différentes étapes à suivre ce qui nous a permis de faire une bonne marche sans trop s’inquiéter.

♦ Contrairement à d'autres sentiers touristiques (Mont Hua, Emei...), il n'y a pas de stands de nourriture ou pour se ravitailler en eau. Bien penser à prendre le nécessaire ou des pastilles micropur, il y a beaucoup d'endroits ou remplir sa bouteille d'eau.

 

Comme d'habitude, toutes les photos de notre passage à Yading sont ICI


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9 thoughts on “Yading National Park

  • BORGLEVENS

    Coucou
    Vous êtes bien courageux, continuez bien et merci pour vos commentaires et vos photos.
    Carole

  • ronan

    Salut Elise, salut Nico, j espere que vous poursuivez bien votre periple, voici mes coordonnes, a bientot peut etre en France donc. La bise

    • Elise Post author

      Salut Ronan,
      Nous avons quitté Kunming pour les terres rouges à Huashitou, une merveille! Comment se passe ton séjour à Dali? Au plaisir d’échanger devant une vraie bouteille de vin français et de lire le fruit de tes recherches ?
      Bonne continuation.
      Bises de nous deux

  • Alain CHEVALIER

    J’imaginais la Chine sous un autre angle(grands ensembles,pollution importante etc…),il est vrai que les 4000 m d’altitude ont ralenti l’homme a détruire ce paysage de rêve que vous avez su mettre en valeur avec de superbes photos.
    Bonne route à tous les deux.

    • Elise Post author

      Malgré l’altitude, cette réserve est quand même un véritable gain touristique vu tous les aménagements pour aider les visiteurs à faire du tourisme “express” : cars, bus électriques, chevaux pour finir de grimper…heureusement c’est aussi un aménagement qui n’a pas (encore) détérioré le paysage. D’ici quelques années on ne reconnaîtra peut être plus le lieu vu les constructions aux vilages alentours. C’est apparemment ce qui arrive aux sites classés au patrimoine mondial.
      D’où l’intérêt d’aller à contre courant et de faire le tour en plusieurs jours!

  • Christiane Alain

    Bonjour, bravo pour ces grandes randonnées surtout l’altitude…et ces très belles photos.
    En rentrant le Mont Blanc sera pour vous une promenade de santé.
    Bises à vous deux.
    CHRISTIANE ALAIN.

    • Elise Post author

      Il va falloir que l’on maintienne l’entraînement pour le mont blanc, mais on y pense!
      Bises à tous les deux